jeudi 25 septembre 2008

Recyclage

Il y a les albums génialement mauvais. Ceux qu'on aime parce qu'on rie de leur médiocrité. Et il y a ceux qui, par leur vulgarité intrinsèque, sont totalement réussis. Ceux dont on n'arrive même pas à se moquer, parce qu'on les aime sincèrement. Riffs grossiers, mélodies putassières, émotions appuyées à outrance... Ces disques sont par nature détestables, ou risibles. Et pourtant, pour des raisons obscures ils sont absolument géniaux. 3 exemples :

1) DANZIG : Danzig III-How The Gods Kill
Cet album est l'antithèse de la finesse. Riffs heavy-rock bluesy gras et lourds (dans tous les sens du terme), Glen Danzig qui essaie par tous les moyens de sonner comme Jim Morrisson, au point d'en devenir ridicule. Textes poético-satanistes qui ne valent pas mieux qu'un monologue de série Z. Et une ballade totalement ratée, Sistinas, parodie involontaire d'une chanson d'amour à la Elvis Presley. J'aime profondément et sincèrement ce disque. Comment résister à l'orageux Dirty Black Summer, au gospel de Heart Of The Devil et au terminal When The Dying Calls ?


2) THE SISTERS OF MERCY : Vision Thing
Loin, très loin, à des kilomètres de la classe cold-rock amphétaminé de leur définitif premier album (First And Last And Always). Sur Vision Thing, les Sisters se transforment en groupe de hard-fm, pas plus inspiré que n'importe quel combo du genre. Riffs de bikers, mélodies maniérées, et guitares acoustiques douteuses. Restent les textes d'Eldritch, en grande partie parce que de toute façon il est le seul à en connaître la signification, et un je ne sais quoi de reviens-y absolument incompréhensible. On ne peut que ressentir des frissons sur Ribbons, et entamer les refrains de Detonation Boulevard, ou When You Don't See Me.

3) ANDREW W.K : I Get Wet
Le type en lui même est un mystère. Alors forcément sa musique... Mélodies de jeux vidéos, son calibré pour les radios, chansons stupides pour accompagner n'importe quelle fête d'étudiants américains beaufs, I Get Wet est un album absolument lamentable. Et pourtant, ce disque est un pur concentré de bonheur et d'énergie. Dès que résonnent It's Time To Party, Party Hard ou Party Till You Puke (quels titres, mais quels titres), on a juste envie de sauter dans tous les sens en buvant de la bière et en se marrant comme si demain n'existait pas. Du grand art.

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