mardi 14 octobre 2008

Tout un programme

MOTÖRHEAD
Motörizer

Motörhead fait partie d'un club très select dont les membres, passés et présents, comptent également The Ramones, The Cramps, ou encore AC/DC pour ne citer que les plus connus. La particularité de ces groupes ? Depuis leurs débuts, ils sortent (ou ont sorti) inlassablement le même album. Sans que cela ne soit jamais redondant. Bien sûr, il y a eu des disques moins bons. Ne soyons pas totalement de mauvaise foi. Mais jamais il n'y en a eu de réellement mauvais. A partir du moment où un groupe trouve et répète une formule, finalement, la différence se joue dans l'intensité. Alors oui, on sait exactement ce qu'on va entendre à chaque fois que la bande de Lemmy sort un nouvel album. Même si depuis les débuts du groupe on a pu constater un certain durcissement du son, voire même une légère "métallisation", parfois. "Évolution" qui pourrait paraître anecdotique si elle ne prouvait pas de manière implacable que, là où d'autres tentent l'expérimentation hasardeuse (et parfois malheureuse) ou pire : ramollissent, Motörhead, 30 ans plus tard, ne lâche toujours rien. Et ce, sans pour autant dévier de sa ligne directrice : asséner un rock'n'roll particulièrement destructeur.
Alors, l'intérêt de ce nouveau Motörhead ? Puisqu'on parlait d'intensité, ce cru 2008 fait preuve d'une fougue devant laquelle beaucoup de jeunes groupes pourraient pâlir. Dès le premier morceau, on entre sur une autoroute de riffs 800 chevaux qui emmerdent les limitations de vitesses et les règles de bonne conduite. La rythmique n'envisage pas d'autre option que le tour de la question rock en quarante minutes. Et contrairement aux deux dernières livraisons (excellentes également) qui offraient de légères pauses, ici aucun ralentissement en vue. A peine si Lemmy regarde parfois dans le rétro, pour donner dans l'auto-citation (Teach You How To Sing The Blues ; "[...]Going To Brazil"... 1916, quelqu'un ?). Et pourquoi bouder son plaisir ? Parce qu'il est également là, l'intérêt de ce Motörizer. Le plaisir. Celui que l'on sent de la part de musiciens dont l'enthousiasme leur permet d'être toujours aussi pertinents. Et celui que l'on prend à se laisser griser par ce disque qui nous invite à partager sa profession de foi : "rock out, with your cock out".

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