Albums De l'Année:
The Kills -Midnight Boom
Parce qu'ils sont probablement les seuls, dans leur genre, à réussir à faire du neuf avec du vieux. Ou au moins de l'unique. Et puis parce que je les aime d'amour et que ça ne s'explique pas.
The Black Angels -Direction To See A Ghost
Héritiers du Velvet Underground et des 13th Floor Elevators, les Black Angels font incontestablement partie de ce qui est arrivé de mieux au rock, ces dernières années. Une grosse claque de psychédélisme noir qui les place directement aux côtés des géniaux Warlocks.
The Last Shadow Puppets -The Age Of The Understatement
On peut détester Alex Turner (et ses Arctic Monkeys). Mais, à la lumière de ce projet parallèle, on se rend compte qu'il faut le faire pour les bonnes raisons : Ce garçon a vraiment beaucoup, beaucoup de talent et une assurance folle.
The Hellacopters -Head Off
Les Hellacopters défendent le punk'n'roll garage/high energy depuis 1994. Et tout le monde s'en branle, même depuis la nouvelle vague rock de 2001. Résultat : En 2008 les Hellacopters se séparent avec la sortie de cet album de reprises. Incroyable réussite, le disque sonne... Comme du pur Hellacopters. La classe jusqu'au bout.
Metallica -Death Magnetic
Parce qu'on a acheté cet album par automatisme (parce que c'est metallica), sans rien en attendre, et qu'il s'est révélé putain de bon. Le groupe retrouve l'inspiration et, même si le disque est un peu long, on constate une homogénéité et une qualité qui faisaient défaut à St Anger.
Découverte De l'Année
Aqua Nebula Oscillator -Under The Moon Of Aqua Nebula Oscillator
Voilà le seul groupe français (oui) capable d'allier les guitares volcaniques des Stooges, période Fun House, et les modulations spatiales de Hawkwind. Psychédélique, inattendu et indispensable.
Artiste De l'Année
Trent Reznor.
Ca s'est joué serré avec Alex Turner. Mais un génie confirmé qui offre un (très bon) album à ses fans, juste pour les remercier... You can't compete with that.
Chanson De l'Année
The Kills -Last Day Of Magic
Pour pleins de raisons (et pas spécialement celles qu'on croit). Et parce que c'est la meilleure chanson de l'année.
Concert De l'Année
The Warlocks - The Aquarium, Fargo, ND (USA)
Malgré un effectif réduit, les Warlocks n'ont aucun mal à reproduire leur fascinant mur du son. Quant au set, très rock'n'roll, il rassure sur la santé et la motivation du groupe.
Espoir 2009
Spinnerette - On savait que Brody Dalle comptait s'éloigner du punk-rock des Distillers. Est-ce un hasard si ses nouvelles chansons sonnent un peu comme les Queens Of The Stone Age de son mari ? Ceci dit, c'est loin d'être désagréable et il faudra surveiller l'album des Spinnerette, qui fera suite en 2009 au EP digital Ghetto Love sorti en cette fin d'année.
lundi 22 décembre 2008
mercredi 17 décembre 2008
La preuve par trois
THE RAVEONETTES
"Sometimes They Drop By" EP "Beauty Dies" EP "Wishing You A Rave Christmas" EP
Dans la micro vague des duos rock masculin/féminin, les Danois de The Raveonettes font assurément partie des trois meilleurs. Depuis leur premier mini-album Whip It On, sorti en 2002, Sune Rose Wagner (lui) et Sharin Foo (elle) enregistrent ce qui se fait de plus bouleversant en matière de balades abrasives rétro. Certains frustrés se contentent de dire qu'ils ne font que plagier les Jesus & Mary Chain. C'est vrai que les deux groupes partagent les mêmes influences et obsessions : Les mélodies rock 50's (Buddy Holly, Eddie Cochran) et girl groups 60's (Shangri-la's, Ronettes), les accords du Velvet Underground, les rythmes de Suicide, la reverb des groupes surf rock ; Le tout évidemment écrasé par un mur de guitares noisy au dessus duquel les voix monocordes des deux protagonistes se mêlent jusqu'à l'hypnose. Malgré ça, il est impossible d'en vouloir aux Raveonnettes de ne pas faire preuve de la plus grande originalité. En effet, il faut vraiment avoir les oreilles en carton pour ne pas entendre la sincérité et le talent qui se déploient dans les mélodies imparables du duo. Les Raveonettes chantent pour ceux qui croient encore à l'amour, alors que tout leur crie que tout est fini. Leur musique mêle espoir, fatalité, vie et mort. Pour terminer l'année en beauté, le duo a décidé de sortir quatre EP, disponibles uniquement en téléchargement. Le premier ne contenait que des remixes tout à fait dispensables ; Les trois autres, en revanche, valent largement leur pesant de megabit .La dominante électronique qui règne sur "Sometimes They Drop By" évoque évidemment les sus cités Suicide. En plus sucré peut-être. On notera tout de même qu'ici, le déluge drone est tel qu'il est quasiment impossible de distinguer les guitares des machines. Les plages de bruits tristes de "Sometimes They Drop By" et "Vintage Future" sont de véritables couvertures soniques sous lesquelles ont se plait à pleurer son bonheur et son innocence à jamais perdus. La saturation est à son maximum mais n'empêche jamais les mélodies de se frayer un chemin tortueux, renforçant encore ce mélange beauté/saleté dont le groupe est friand. La beauté, on en reparle justement avec Beauty Dies, le deuxième EP. "Young And Beautiful", la chanson d'ouverture, s'impose d'emblée comme un des meilleurs morceaux du groupe. Pop, teinté d'une approche très new-wave, il sonne comme si Blondie n'avait jamais viré disco. Le son se fait plus sec et, si "The Thief" et "Here Comes The End" invitent à la danse, ce n'est que pour célébrer cette mélancolie que l'on chérit comme notre seule amie.
Et en ces temps de fête, la mélancolie prend plus de place qu'on ne voudra l'admettre.
Le EP "Wishing You A Rave Christmas", On l'aura compris, contient quatre chansons de Noël. Un exercice auquel le groupe s'était déjà prêté, s'inscrivant ainsi dans la tradition d'une certaine pop culture. Mais "Come On Santa", et son texte à double sens ("Come on Santa, make me feel alright/bring me snow on this christmas night"), tient plus de la supplication que de la liste de voeux. Confirmation avec "Christmas (Baby Please Come Home)"... L'ambiance ne va pas vraiment être à la fête. Les synthés refont leur apparitions. Éthérés et floconneux, ils sont suspendus au tintement de clochettes qui sonnent la fin d'une histoire. Les guitares suivent le mouvement avant de glisser comme des larmes. Non, ce n'est définitivement pas la neige qui trouble la vue du paysage, au dehors du train qui nous emmène là où vont les "Christmas Ghosts" qui ne cessent de hanter ces nuits devenues solitaires.
Loin de bêtement se répéter, les Raveonettes continuent de creuser le sillon de leurs influences avec intelligence et sensibilité. Et à l'écoute de ces trois derniers enregistrements, une autre évidence se fait : Si David Lynch devait tourner une suite à Twin Peaks, les Raveonettes en seraient la bande son idéale.
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