mardi 1 septembre 2009

Le temps est à l'orage

THE DEAD WEATHER
Horehound

L'annonce, déjà, était alléchante. Jack White (des White Stripes et Raconteurs) préparait un nouveau groupe avec Alison « VV » Mosshart (des Kills). A peine le temps de se remettre des multiples fantasmes soniques provoqués par l'affaire, et l'album était déjà là.
Entourés de Jack Lawrence (Greenhornes, Raconteurs) et Dean Fertita (Raconteurs, toujours, et Queens Of The Stone Age), les deux têtes d'affiches ont sorti un disque surprenant. A plus d'un titre. Un truc d'une liberté totale. Où rien n'est là où on aurait pu l'attendre. Loin d'une bête rencontre White Stripes/The Kills. Loin d'un projet monopolisé par Jack White. Un groupe où chacun a apporté quelque chose et s'est laissé aller à d'autres, pour créer un véritable orage électrique.
Oui, parce que l'ambiance générale de l'album n'est pas des plus lumineuse. Il fait noir, fiévreux et on risque à tout moment de se brûler. La tempête est annoncée dès le premier morceau, « 60 Feet Tall », tout en grondements lézardés d'éclairs, jusqu'à ce que la guitare de Fertita décide de foudroyer le refrain. Humeur tendue pour des musiciens dont on sent pourtant le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble. A mélanger les sons et les influences. Le groupe est tellement sûr de lui qu'il se permet à peu près tout. Accélération inattendue sur « Treat Me like Your Mother » ; instrumental surf vaudou (« 3 Birds ») ; Synthé robotique sur « Bone House » ; Accents dub sur le très tranchant (et donc bien nommé) « I Cut Like A Buffalo » ; Jusqu'à une reprise très personnelle du « New Pony » de Bob Dylan, qui devrait faire hurler pas mal de puristes.
Alison Mosshart, princesse féline dangereuse et sensuelle, feule des textes cinglants et partage ses vocaux avec Jack White. Ce dernier assure, oui, la batterie tout au long du disque. Il n'empoigne une guitare que sur l'acoustique et final « Will There Be Enough Water ? », blues de l'ère glacière et de nuit permanente.
En un album caniculaire, vénéneux et sexy, The Dead Weather impose une telle personnalité que l'on espère franchement qu'il ne s'agit pas là d'un one shot.